| Historique : |
L'existence des forges est attestée en 1549, date à laquelle elles sont exploitées par Jean et François Vatelin. A la fin du 17e siècle, l'établissement comprend un haut fourneau et un moulin, situés à la source de la Baignotte, et une forge située 500 m en aval au lieu-dit Petit Baignes. Gédéon Rochet acquiert le haut fourneau en 1700, et ses héritiers achètent la forge en 1733. En 1744, l'usine se compose d'un haut fourneau, d'une forge et d'une fenderie, laquelle disparaît avant 1772. En 1757, l'usine produit 150 milliers de fers, expédiés dans les salines (Salins, Montmorot) , et de la fonte convertie en bombes et boulets. Lorsque Jean-François Rochet en devient propriétaire en 1774, l'établissement métallurgique produit 500 milliers de fonte et 150 milliers de fer. Entre 1795 et 1807 environ, le site est complètement remanié par Claude-François Rochet, fils de Jean-François. L'auteur pourrait être l'architecte comtois Jean-Antoine Guyet. En 1814, l'usine passe aux mains du maître de forges Isaac Blum, qui entreprend en 1818 la reconstruction de la tour du haut fourneau. Le bâtiment sud en quart de cercle est détruit, vraisemblablement dans l'incendie de 1821, et laisse place peu après à une vaste halle. Suite à la demande d'établissement d'une machine à vapeur en 1825, une salle des machines indépendante, abritant également la roue hydraulique, est édifiée au sud du haut fourneau. Acquis en 1833 par l'homme d'affaires suisse Louis de Pourtalès, propriétaire des forges d'Athesans et de Magny-Vernois (70) , l'établissement est loué au maître de forges Joseph Gauthier, qui afferme déjà une vingtaine de sites métallurgiques dans la région. Vers 1834, le haut fourneau produit annuellement 800 t de fonte en gueuses (contre 450 t en 1788) , envoyées et affinées aux forges de Bonnal et Villersexel (70). L'ordonnance royale du 23 juin 1835 autorise Louis de Pourtalès à maintenir en activité son usine à fer. Même si le feu d'affinerie est encore mentionné dans cette ordonnance, il semble que la forge de Petit Baignes soit arrêtée au cours des années 1820, faute de bois et d'eau. Suite à la faillite de Gauthier en 1840, le haut fourneau est repris en 1841 par Pierre Tiquet et Gustave Robinet. Le régime des eaux est réglementé par un arrêté du 21 août 1848, tandis que des travaux menés en 1847 sur le haut fourneau attestent sa possible reconstruction. Acquis en 1857 par P. Tiquet et J.A. Pergaud, il est éteint en 1869, puis détruit. Resté seul propriétaire, Pierre Tiquet implante une fonderie de seconde fusion. Des ateliers en rez-de-chaussée sont édifiés contre les vestiges du haut fourneau, qui abrite les cubilots. Un dépôt de châssis et un magasin sont édifiés entre 1884 et 1888. La société Tiquet Fils (Gustave, puis Jean) fabrique des poêles et des cuisinières, des fers à repasser, des gaufriers, du matériel agricole, des poids pour balances, etc., commercialisés sous le sigle TF. De nouveaux bâtiments de production (magasin et atelier dit sablerie) sont bâtis entre 1907 et 1913. Vers 1914, la production atteint 1300 t. L'usine produit environ 140 000 obus en fonte aciérée pendant la Première Guerre. Elle se spécialise dans l'entre-deux-guerres dans la fabrication de poêles, cuisinières, fourneaux et lessiveuses (ECO, VOG, MOD, PAX, LUX, FOX) , dont certains modèles sont émaillées dans les fonderies de Pont-de-Planches et de Vy-le-Ferroux (70). Après la Seconde Guerre, la vente d'appareils de chauffage décline, et la société travaille en sous-traitance pour des sociétés de Lyon, Grenoble, Obernai, etc. En 1950, elle produit encore 250 t de pièces, mais ferme définitivement ses portes en 1963. Une partie des ateliers de fonderie du début du 20e siècle est rasée en 1997. Le site a été protégé au titre des Monuments historiques en 1978 et 2007. La plupart des bâtiments subsistants, ainsi qu'une collection de modèles et moules de fonderie, ont été acquis par le Conseil général de la Haute-Saône vers 2000 . |