| Historique : |
En 1878, Alfred Colle demande l'autorisation de construire une filature de coton sur le site d'un moulin. Autorisé le 19 fructidor de l'an 8, ce moulin ne semble pas avoir été construit de suite, mais figure sur le plan cadastral de 1832, propriété des sieurs Bourgogne, Mairey et Clerc. En 1841, Pierre-Joseph Bourgogne demande "l'autorisation d'établir un moulin", qu'il faut peut-être interpréter comme une demande de régularisation, obtenue par décret le 22 juillet 1850. Le moulin est déclaré "en chômage" en mai 1878, au moment où la filature est en construction. Outre l'usage d'une machine à vapeur, Alfred Colle utilise l'énergie électrique produite par une turbine hydraulique et une dynamo. Il fait édifier 150 m en amont de l'usine un bâtiment d'eau, à l'endroit de la chute sur le bief de dérivation, peut-être en 1893. Achevée en 1880, la filature est agrandie en 1908. Un logement patronal, ainsi que plusieurs logements ouvriers, sont construits à l'est de l'usine jusqu'en 1886. L'une de ces habitations est bâtie à l'emplacement de l'ancien moulin. La filature est vendue, vraisemblablement en 1916, à la société des Ets Hector Depreux, spécialisés dans la production de courroies de transmission textiles (coton, balata, poil de chameau, laine et caoutchouc) pour transporteurs et élévateurs. A partir de 1923, elle travaille pour l'unité de Luxeuil-les-Bains, acquise en 1923 (étudiée IA70000276). L'atelier de la filature est agrandi de trois travées, vraisemblablement dans l'entre-deux-guerres. Un logement ouvrier, situé 26 rue de la Vierge, est également édifié à cette époque. En 1966, la filature produit 140 t de fil par mois, expédié à l'usine de Luxeuil ou vendu dans les tissages haut-saônois, vosgiens et alsaciens. Deux entrepôts industriels sont bâtis au nord et à l'ouest de l'atelier de filature dans le troisième quart du 20e siècle. L'usine ferme ses portes au moment du dépôt de bilan de la société Depreux en 1981. Elle est ensuite occupée par un garage, puis par une casse automobile, et jusqu'en 1994 par un négoce de voitures, qui nécessite la construction d'un magasin à l'est. La cheminée a été démolie à une date indéterminée, et les bâtiments sont aujourd'hui sans affectation.
En décembre 1878, Alfred Colle demande l'autorisation d'installer une machine et une chaudière à vapeur, construite en 1866 dans les ateliers Ducrocq à Saint-Quentin (02) , pour "la conduite et le chauffage" de la filature. Une chaudière de la Cie des Forges d'Audincourt est autorisée en 1904, et une chaudière Scheidecker et Kohl (Lure) est autorisée en 1906. La filature compte 6600 broches en 1918, et 13 000 broches en 1966.
En 1893, la filature de coton emploie 20 hommes, 19 femmes et 15 enfants. L'effectif est de 106 ouvriers en 1931, et 200 en 1967. (SOURCES: MERIMEE) |